L'Arrière

"Française par le coeur, par l'esprit et par l'âme, vous êtes infirmière et épouse à la fois, ainsi que vos enfants, vos blessés ont leurs droits : de votre doux appui chacun d'eux réclame."  Charles Grandmougin

Hôpital Complémentaire n° 82 de Clermont-Ferrand

L'hôpital est installé dans une ancienne école de jardinage dirigée par des Frères, et se compose d'un bâtiment principal, d‘une grande chapelle et de baraquements construits par le Service de Santé. Il ouvre ses portes en août 1914 et peut accueillir 550 blessés. Avec la fin des travaux de baraquements, 300 lits supplémentaires sont installés et le centre de rééducation ouvre à la fin du mois d’août 1916.

L’hôpital possède un centre d'appareillage et de rééducation pour les mutilés originaires des départements de l'Allier, du Cantal, de la Corrèze, de la Creuse, de la Loire, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. Le centre de rééducation prend en charge des mutilés pour leur reconversion professionnelle afin d'assurer leur indépendance. Une diversité de métiers y est proposé : menuisier, ébéniste, tourneur sur bois, coutelier, orthopédiste, cordonnier, sellier, bourrelier, ferblantier, étameur, relieur, brocheur, tapissier, peintre en bâtiment, coiffeur, posticheur, photographe, linotypiste, mécanicien, dentiste, réparateur de moteur d'auto, jardinier, fromager. Les mutilés peuvent également suivre des cours d'enseignement général ou des enseignements spécialisés et accéder à différents sous-centres de rééducation de la XIIIe région.

Cette prise en charge est possible grâce à l'équipe médicale ainsi qu'au travail des infirmières. Au début du conflit, l’armée française connait de lourdes pertes et le Service de Santé est dépassé par le manque de personnel. Il fait alors appel à la Croix Rouge pour former de nouvelles infirmières auprès de ces trois sociétés : la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM), l'Union des femmes de France (UFF) et l'Association des Dames Françaises (ADF). Près de 70000 bénévoles ont été formés et diplômés pendant le conflit pour renforcer le Service de Santé, et soigner les trois millions de blessés et malades atteints du typhus, du choléra et de la tuberculose. Mais le rôle des infirmières est mal défini, elles doivent assurer le confort moral et matériel, laver les patients, les panser, les consoler et parfois les accompagner dans la mort. Cette présence féminine est rassurante pour eux, elle leur rappelle leur foyer, les soldats les surnomment d'ailleurs « les anges blancs ».

Être infirmière pendant la guerre est une mission difficile mais qui permet aux femmes de s'émanciper et de sortir de leurs foyers.